présidentielle 2027 : retailleau et lisnard restent sous les 10 % dans un sondage. face à ces résultats, éric ciotti leur lance un appel.

Présidentielle 2027 : Retailleau et Lisnard sous les 10 % dans un sondage, Ciotti leur lance un appel…

À six mois de l’élection présidentielle, un sondage électoral place Bruno Retailleau et David Lisnard sous la barre des 10 % dans plusieurs configurations. Ces chiffres, publiés alors que la droite française cherche encore son point de ralliement, donnent à Éric Ciotti l’occasion de renouveler son appel à l’union autour de Marine Le Pen. Mais derrière l’injonction à se ranger, une question demeure : les électeurs souhaitent-ils vraiment une candidature unique, ou cherchent-ils d’abord une offre politique capable de répondre à leurs préoccupations quotidiennes ?

Les résultats varient fortement selon les hypothèses testées. David Lisnard est crédité de 7 % dans un scénario où il serait le seul candidat de droite, mais atteint 17 % dans une configuration distincte, sans Édouard Philippe ni Bruno Retailleau. Ces écarts ne sont pas une anomalie : ils montrent à quel point les intentions de vote dépendent des candidatures proposées et des choix stratégiques opérés avant le scrutin. Un déjeuner entre les deux responsables, prévu à Paris à l’initiative de Robert Ménard, pourrait ouvrir une discussion, sans garantir pour autant un accord.

En bref : les enjeux du sondage présidentiel

  • 📊 Bruno Retailleau se situe entre 5 % et 7,5 % selon les scénarios du baromètre Ifop-Fiducial.
  • 🗳️ David Lisnard recueille 7 % dans une hypothèse de candidature unique à droite, mais 17 % dans un scénario Cluster 17 sans Retailleau ni Édouard Philippe.
  • 📣 Éric Ciotti appelle les deux candidats à renoncer à leurs candidatures et à soutenir Marine Le Pen.
  • 🤝 Un déjeuner à Paris, organisé à l’initiative de Robert Ménard, doit permettre à Retailleau et Lisnard d’échanger sur le risque de division.
  • 🔎 Ces chiffres sont des photographies de scénarios différents, non des résultats prédictifs ni une mesure définitive de la compétition.

Présidentielle 2027 : ce que disent réellement les sondages sur Retailleau et Lisnard

Le baromètre Ifop-Fiducial réalisé pour Le Figaro, LCI et Sud Radio place les deux responsables sous les 10 % dans les hypothèses communiquées. David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, obtiendrait 7 % s’il était le seul candidat de droite. Bruno Retailleau, président des Républicains, oscillerait pour sa part entre 5 % et 7,5 %, selon la configuration étudiée.

Il serait tentant de lire ces nombres comme un classement définitif. Ce serait aussi sérieux que de choisir un gouvernement en fonction d’un sondage pris au hasard dans une salle d’attente. Une enquête d’intentions de vote mesure une situation à un instant donné, à partir de candidats et d’hypothèses précises. Elle ne prédit ni la campagne, ni les débats, ni les événements qui peuvent modifier les priorités des électeurs.

Le sondage Cluster 17 publié par Le Point illustre justement cette dépendance au scénario. Dans une configuration sans Édouard Philippe et sans Bruno Retailleau, Lisnard recueillerait 17 % et se placerait devant Raphaël Glucksmann, tout en restant derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ce chiffre ne contredit pas mécaniquement les 7 % de l’autre enquête : la liste des concurrents n’est pas la même, et l’espace disponible à droite change.

Pour suivre ces variations, les lecteurs peuvent consulter les résultats et tendances des sondages de la présidentielle 2027. Il convient de regarder la date du terrain, la formulation de la question, les candidats proposés et la marge d’incertitude. Une estimation isolée peut faire un titre spectaculaire ; une série de mesures comparables offre une lecture plus solide.

📌 Scénario rapporté🗳️ Personnalité📊 Résultat indiqué
Ifop-Fiducial, Lisnard seul représentant de droiteDavid Lisnard7 %
Ifop-Fiducial, configurations variablesBruno Retailleau5 % à 7,5 %
Cluster 17, sans Philippe ni RetailleauDavid Lisnard17 %

La comparaison exige donc une précaution élémentaire : 7 % et 17 % ne décrivent pas deux mouvements successifs d’un même thermomètre, mais deux scénarios distincts. Dans une campagne encore ouverte, l’enjeu est moins de sacraliser un chiffre que de comprendre ce qui attire ou éloigne les électeurs.

Des intentions de vote sensibles à l’offre politique

Le cas de Lisnard montre combien le nombre de candidatures modifie la répartition des voix. Dans le scénario où il est seul à droite, il atteint 7 %. Lorsque deux concurrents importants sont absents de l’équation, son score hypothétique grimpe à 17 %. Cela ne prouve pas que tous les électeurs de Retailleau ou de Philippe se reporteraient sur lui ; cela indique seulement qu’un espace électoral plus large lui est attribué dans cette simulation.

Une électrice fictive, Claire, commerçante à Cannes, pourrait apprécier chez Lisnard son ancrage local et sa critique des lourdeurs administratives, tout en hésitant sur sa capacité à peser à l’échelle nationale. Un sondage capte cette hésitation sous forme statistique, sans expliquer à lui seul ce qui la nourrit. C’est précisément pourquoi une candidature présidentielle se construit aussi dans les débats de fond, les alliances et la crédibilité de l’équipe.

Pour Retailleau, le défi est différent : transformer la direction d’un parti en dynamique électorale nationale. Les Républicains disposent d’un appareil politique et d’élus, mais la notoriété organisationnelle ne se convertit pas automatiquement en adhésion personnelle. Les électeurs attendent des réponses lisibles sur le pouvoir d’achat, la sécurité, les services publics et la fiscalité, pas seulement un organigramme et une conférence de presse.

Le baromètre ne tranche pas non plus la question du second tour. Une candidature peut commencer sous les 10 % et progresser si elle réussit à fédérer ; une autre peut se maintenir sans élargir son socle. Ce qui importe est la capacité à convaincre des groupes d’électeurs au-delà du noyau partisan. Dans une élection présidentielle, la dynamique ne se décrète pas par communiqué : elle se gagne par une offre identifiable, des priorités hiérarchisées et une crédibilité d’exercice du pouvoir.

Les sondages sont donc utiles à condition de ne pas les confondre avec un verdict. Leur signal politique est net : aujourd’hui, les deux candidats peinent à imposer une candidature incontestable dans leur camp. La suite dépendra autant de leur projet et de leur stratégie que de la liste des adversaires figurant dans les enquêtes.

L’appel d’Éric Ciotti à rallier Marine Le Pen : stratégie d’union ou pression politique ?

Face à ces résultats, Éric Ciotti demande à Bruno Retailleau et David Lisnard d’abandonner ce qu’il qualifie de candidatures de témoignage et de se rassembler autour de Marine Le Pen. Selon lui, elle serait la seule personnalité en mesure de gagner. Cette déclaration, faite sur Europe 1 et CNews, s’inscrit dans une stratégie de rapprochement entre l’UDR et le Rassemblement national, défendue de longue date par le responsable niçois.

Le raisonnement de Ciotti est arithmétique : si plusieurs candidats se disputent un électorat proche, ils se fragilisent mutuellement et laissent davantage d’espace à leurs adversaires. Mais l’arithmétique électorale a une petite faiblesse : les électeurs ne sont pas des jetons que l’on déplace d’une colonne à l’autre sur un tableau. Un électeur de droite libérale, un électeur attaché à l’identité nationale et un électeur conservateur peuvent partager certaines préoccupations sans accepter la même alliance ni le même programme.

La formule de « candidature de témoignage » vise à disqualifier la démarche avant même que les programmes soient examinés. Elle pose pourtant une question légitime : une candidature peut-elle être utile si elle n’a aucune chance immédiate d’atteindre le second tour ? Elle peut servir à faire émerger des thèmes, à peser sur les propositions d’un futur rassemblement ou à exprimer une sensibilité absente des grandes offres. Elle peut aussi diviser un camp et réduire ses chances de victoire. L’arbitrage dépend des objectifs politiques, pas d’un slogan.

Le débat autour de cet appel d’Éric Ciotti au retrait des candidatures révèle donc une opposition de méthode. Pour Ciotti, la priorité est de concentrer les forces derrière Marine Le Pen. Pour Retailleau et Lisnard, une candidature autonome peut préserver une ligne politique propre et éviter qu’une partie de l’électorat se sente sans représentation. Les deux arguments peuvent mobiliser ; aucun ne garantit le succès.

Une alliance ne se réduit pas à une photographie de dirigeants réunis sous un logo. Elle suppose un accord sur les institutions, l’économie, l’Europe, l’immigration et la composition d’une majorité. Si les électeurs ne comprennent pas ce que le rapprochement change concrètement pour eux, la manœuvre ressemble à un calcul d’appareil. Et les calculs d’appareil, en France, ont déjà produit assez de promesses d’unité pour remplir plusieurs saisons électorales.

Une union électorale doit aussi convaincre les électeurs

Le rassemblement demandé par Ciotti pourrait réduire la dispersion des candidatures, mais rien ne permet d’affirmer que les soutiens de Retailleau et de Lisnard rejoindraient tous Marine Le Pen. Certains pourraient s’abstenir, voter pour une autre offre ou attendre la campagne. La stratégie de coalition doit donc être évaluée à partir des transferts possibles, mais aussi des pertes qu’elle pourrait provoquer.

Dans une entreprise, une fusion annoncée sans expliquer la gouvernance inquiète les salariés et les clients. En politique, le mécanisme est comparable : les électeurs veulent savoir qui décide, quelles lignes rouges sont maintenues et quel programme serait appliqué. Une alliance sans réponses sur ces points peut produire une addition de sigles plutôt qu’une majorité durable.

La droite française porte également une discussion de fond sur la taille de l’État et le périmètre de l’action publique. Un rapprochement de personnes ne résout pas la question de savoir si les dépenses doivent être réduites, si les services régaliens doivent être renforcés ou si les interventions de l’administration doivent être recentrées. Ces choix sont plus déterminants pour la vie quotidienne que la seule répartition des investitures.

Ciotti affirme que ses deux interlocuteurs ne peuvent gagner seuls. C’est un pari stratégique, pas un fait établi par les sondages. Les chiffres soulignent leur faiblesse actuelle dans certaines configurations, mais ils ne mesurent ni leur capacité à élargir leur audience, ni la réaction des électeurs à une alliance. Le verdict appartient au scrutin ; la campagne, elle, reste à construire.

La force d’un appel politique se jauge finalement à sa capacité à dépasser l’urgence du calcul. Pour convaincre, une union devra proposer une direction commune et répondre aux désaccords, plutôt que demander aux électeurs de les oublier par discipline.

Le déjeuner Retailleau-Lisnard : éviter un duel à droite sans effacer les divergences

Un déjeuner entre David Lisnard et Bruno Retailleau est prévu à Paris, selon les informations rapportées par Politico. Robert Ménard, maire de Béziers, en serait à l’initiative. Il souhaite que les deux hommes puissent se parler pour prévenir un affrontement qu’il juge dommageable, estimant que, sans rapprochement, les deux risquent de perdre. Cette rencontre prend une portée particulière dans un contexte où chacun défend sa propre candidature présidentielle.

Un déjeuner politique n’est pas un accord de désistement, encore moins un pacte électoral déjà ficelé. Il peut servir à clarifier les intentions, à tester les conditions d’une coopération ou à éviter que la rivalité ne se transforme en guerre de déclarations. Les discussions internes comptent, mais elles ne remplacent pas les choix des électeurs. Le signe le plus utile sera la nature des propositions communes qui en émergeront, si elles émergent.

Retailleau et Lisnard partagent un espace politique, sans être interchangeables. Le premier dirige Les Républicains et dispose d’un parti national ; le second a bâti une visibilité d’élu local et préside l’Association des maires de France. Leur base, leur réseau et leur manière de parler aux électeurs diffèrent. Une stratégie commune pourrait combiner ces ressources, mais elle exigerait de décider qui porte le projet, selon quelle méthode et avec quelles garanties pour les sensibilités représentées.

La politique de coalition a souvent été présentée comme une solution magique à la fragmentation. Pourtant, additionner deux scores ne suffit pas : les électorats peuvent se recouper, et certains soutiens peuvent refuser le candidat retenu. Les états-majors qui font leurs comptes avant d’avoir écouté les citoyens découvrent parfois que l’urne n’obéit pas aux tableurs. La rencontre devra donc porter autant sur le contenu que sur le casting.

Pour mesurer le paysage des candidatures et les rapports de force en mouvement, un panorama des candidats possibles à la présidentielle 2027 permet de replacer ce déjeuner dans une compétition plus large. Édouard Philippe, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann figurent dans les scénarios cités par les enquêtes. Une discussion à deux doit se comprendre à l’aune de cette concurrence, non comme si la droite était seule sur la ligne de départ.

Un accord crédible suppose un programme compréhensible

Pour un électeur, l’enjeu est concret : que changerait une candidature commune ? Si la réponse se limite à « empêcher l’autre camp de gagner », elle risque de manquer d’épaisseur. La campagne doit exposer des priorités, montrer leur financement et dire ce que l’État cessera de faire pour mieux accomplir ses missions fondamentales. Les promesses universelles ont le charme des menus où tout est inclus ; elles oublient parfois que quelqu’un doit régler l’addition.

Un projet commun pourrait notamment traiter de la baisse des dépenses publiques et du recentrage de l’État sur la sécurité, la justice, la défense et les fonctions qui ne peuvent être efficacement assurées par d’autres acteurs. Cette orientation libérale ne signifie pas que les difficultés sociales doivent être ignorées. Elle invite plutôt à vérifier les résultats des politiques, à supprimer les dispositifs inefficaces et à laisser davantage de place à l’initiative, à la concurrence et à la responsabilité locale.

La rencontre pourrait aussi faire apparaître des divergences sur la méthode : faut-il privilégier une primaire, un accord entre partis ou une désignation par les soutiens ? Une procédure perçue comme imposée par les appareils risque de fragiliser le candidat choisi. À l’inverse, une compétition transparente peut donner une légitimité, à condition que ses règles soient annoncées avant que les candidats ne connaissent le résultat.

Les maires, dont Ménard et Lisnard, savent qu’une décision publique se juge souvent à sa mise en œuvre. Ils rencontrent les conséquences d’une réglementation, d’une baisse de dotation ou d’un transfert de compétence au quotidien. Leur expérience peut enrichir le débat national, à condition de ne pas la transformer en simple argument d’autorité : diriger une commune et gouverner le pays sont des exercices différents, même si les deux exigent de tenir un budget.

Le rendez-vous parisien vaut donc surtout par ce qu’il peut rendre possible : une conversation sur les règles du jeu et les priorités. L’unité n’a de sens que si elle clarifie le choix offert aux électeurs, au lieu de masquer les désaccords sous une poignée de main.

Réduire la dépense publique et recentrer l’État : le débat économique au cœur de 2027

La faiblesse des intentions de vote des candidats de droite ne peut se comprendre sans examiner l’offre politique qu’ils défendent. Les électeurs ne se mobilisent pas durablement pour une étiquette ; ils veulent savoir ce qui arrivera à leur salaire, à leur entreprise, à leurs impôts et aux services dont ils dépendent. Une candidature présidentielle crédible devra donc parler d’économie avec des objectifs vérifiables, plutôt qu’empiler des annonces dont le financement reste mystérieusement confié à la prospérité future.

La France dépense beaucoup par rapport à ses voisins et accumule les dispositifs publics depuis des décennies. Cette situation ne signifie pas que toute dépense est inutile, mais elle oblige à distinguer la protection efficace de la bureaucratie devenue sa propre justification. Une réduction significative des dépenses devrait commencer par des évaluations indépendantes, la suppression des doublons administratifs et une meilleure mesure des résultats. Couper au hasard dans les services locaux tout en préservant les structures centrales serait une réforme de façade, pas une stratégie.

La tradition libérale, nourrie par Adam Smith, ne réduit pas la société à une compétition sans règles. Elle rappelle que les échanges, la liberté d’entreprendre et la prévisibilité juridique peuvent accroître la prospérité, tandis que l’État doit garantir un cadre solide. La justice, la sécurité, la défense et la protection des droits constituent des fonctions fondamentales. Les gouvernements qui prétendent tout piloter finissent souvent par disperser leurs moyens et par étouffer l’initiative qu’ils disent vouloir encourager.

Le fil conducteur peut être celui d’une petite entreprise fictive, l’atelier Martin, qui fabrique des pièces pour des artisans. Si ses dirigeants consacrent des journées à comprendre des formulaires contradictoires et à anticiper des prélèvements changeants, ils investissent moins dans une machine ou une embauche. Réduire les coûts administratifs et stabiliser les règles ne promet pas de créer instantanément des emplois, mais améliore les conditions dans lesquelles les entreprises peuvent prendre des risques et se développer.

La crise budgétaire se nourrit aussi d’une promesse politique récurrente : chaque groupe réclame une dépense nouvelle, tandis que la facture est présentée comme une abstraction. Une campagne sérieuse doit préciser quelles missions seront financées, lesquelles seront réorganisées et comment la dette évoluera. Le contribuable n’a pas besoin d’un sermon sur la vertu ; il mérite de savoir ce que son argent produit.

La réduction des dépenses ne doit pas devenir une formule creuse

Un programme qui promet des économies sans dire où elles seront réalisées n’est pas un programme, c’est une brochure de campagne en attente de chiffres. Les candidats doivent distinguer les dépenses de fonctionnement, les transferts sociaux, les investissements et les coûts liés aux différentes strates administratives. Chaque catégorie appelle des décisions différentes, et une coupe immédiate peut parfois coûter plus cher si elle dégrade un service indispensable ou repousse un investissement rentable.

Un recentrage de l’État suppose donc de choisir. Une administration de la justice lente fragilise les droits et l’activité économique ; une politique de sécurité sous-dotée laisse les citoyens sans protection ; une défense mal préparée expose le pays. À l’inverse, multiplier les micro-dispositifs, les agences et les normes sans évaluer leur utilité dilue l’action publique. Le critère devrait être simple : l’intervention répond-elle à une mission clairement définie, et ses résultats justifient-ils son coût ?

Cette approche doit aussi éviter le piège d’une opposition caricaturale entre solidarité et liberté. Un système social peut protéger contre les accidents de la vie, mais il doit rester lisible et soutenable. Le débat n’est pas de supprimer toute protection ; il consiste à déterminer comment l’organiser sans décourager le travail, l’épargne ou la prise de risque. Une politique durable aide les personnes à retrouver leur autonomie au lieu de transformer chaque difficulté en dépendance administrative permanente.

Dans le contexte électoral, la question économique peut distinguer les candidats si ceux-ci exposent leurs choix avec franchise. Une baisse d’impôts financée par davantage de dette ne constitue pas une baisse du coût collectif : elle déplace simplement le paiement vers demain. De même, annoncer une réforme sans calendrier ni indicateurs laisse les électeurs dans le brouillard. Les programmes devraient annoncer des objectifs, des étapes et une évaluation publique des résultats.

Retailleau et Lisnard devront convaincre qu’ils ne proposent pas seulement des variantes d’un discours de fermeté, mais une manière cohérente d’administrer le pays. Leurs niveaux de sondage resteront difficiles à déplacer tant que l’électeur ne verra pas clairement ce que leur candidature changerait dans sa vie et dans les comptes publics.

Climat, nucléaire et débat culturel : les lignes de fracture de la droite française

La campagne de 2027 devra aussi répondre au changement climatique sans opposer la réduction des émissions à la sécurité énergétique. Pour la France, l’énergie nucléaire constitue un atout majeur : elle produit une électricité décarbonée et abondante, tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles. Ce choix n’efface ni la question des déchets, ni celle du coût et des délais de construction, mais il offre un levier concret pour décarboner l’industrie, les transports et le chauffage.

Une politique climatique crédible doit tenir compte de la facture des ménages et de la compétitivité des entreprises. Imposer une transition à coups de normes sans solutions disponibles peut susciter le rejet, surtout dans les territoires où la voiture reste nécessaire et où les alternatives sont insuffisantes. À l’inverse, retarder les investissements énergétiques revient à laisser les générations futures payer davantage les conséquences de l’inaction. Le nucléaire, l’efficacité énergétique et l’innovation doivent être articulés plutôt que transformés en slogans ennemis.

Pour l’atelier Martin, notre petite entreprise fictive, l’électricité stable et décarbonée permettrait de moderniser une production sans dépendre entièrement de sources fossiles ou d’approvisionnements incertains. L’exemple vaut aussi pour les industries lourdes, qui ne peuvent se convertir sur la seule base d’une injonction morale. Les responsables politiques doivent expliquer les infrastructures nécessaires, les délais réalistes et la répartition des coûts. La transition énergétique échoue quand elle est conçue comme une punition ; elle progresse lorsqu’elle rend les solutions propres accessibles et fiables.

Sur le plan culturel, l’opposition à l’idéologie woke est fréquemment mise en avant par les responsables conservateurs. La critique peut viser les politiques identitaires, la censure militante ou les discours qui assignent les individus à leur origine et à leur groupe. Elle perd cependant de sa force lorsqu’elle se résume à une étiquette fourre-tout. Une candidature doit défendre la liberté d’expression, l’égalité devant la loi et la dignité des personnes avec des propositions précises, plutôt que laisser croire que chaque conflit culturel se règle par un mot d’ordre.

Le sujet touche à une exigence libérale fondamentale : l’individu ne devrait pas être réduit à une identité collective, qu’elle soit revendiquée ou attribuée. Mais cette défense des libertés doit être cohérente. Combattre une orthodoxie militante ne justifie pas d’en installer une autre, et la liberté d’expression ne dispense pas de discuter les arguments. Les électeurs perçoivent vite la différence entre une défense des principes et une querelle permanente destinée à occuper les plateaux.

Un projet présidentiel doit relier les principes aux décisions

La cohérence d’un projet se mesure à sa capacité à relier les enjeux. Une électricité décarbonée et abondante peut soutenir la réindustrialisation, réduire les émissions et limiter la vulnérabilité énergétique. Pour produire ces effets, il faut investir, planifier les réseaux et former des travailleurs qualifiés. Le discours climatique qui ne parle ni d’industrie ni de pouvoir d’achat laisse un vide que les opposants remplissent aisément.

Les candidats de droite doivent aussi préciser comment ils répartiraient les responsabilités entre l’État, les collectivités et les entreprises. La puissance publique peut fixer un cadre stable, financer les infrastructures stratégiques et garantir la sécurité d’approvisionnement. Elle n’a pas besoin de gérer chaque décision de production ou de consommation pour remplir ces fonctions. C’est là que la réduction de la dépense et le recentrage régalien rejoignent les enjeux climatiques : mieux employer les moyens publics exige de définir des priorités durables.

La question culturelle mérite la même exigence de précision. Les électeurs qui redoutent les pressions idéologiques dans l’école, les médias ou les entreprises attendent des garanties sur la liberté et la neutralité des institutions. Une politique de principes doit protéger tous les citoyens, pas seulement ceux qui partagent la majorité du moment. Autrement, la critique du conformisme devient un conformisme inversé, tout aussi prompt à distribuer les bons et les mauvais points.

La compétition présidentielle ne se gagnera donc pas uniquement en ralliant des appareils ou en additionnant des pourcentages de sondage. Les candidats devront articuler une vision économique, une stratégie énergétique et une conception cohérente des libertés publiques. Le rendez-vous entre Retailleau et Lisnard pourrait ouvrir cette discussion, mais l’appel de Ciotti la ramène déjà à la question de l’union. Les électeurs, eux, jugeront aussi le contenu et la crédibilité de la proposition.

Une candidature capable de relier responsabilité budgétaire, sécurité, énergie décarbonée et libertés individuelles aura davantage de chances de sortir du débat de personnes. Dans une présidentielle, l’unité attire l’attention ; un projet lisible donne une raison de voter.

Questions fréquentes sur le sondage Présidentielle 2027

Pourquoi David Lisnard est-il à 7 % dans une enquête et à 17 % dans une autre ?

Les deux chiffres correspondent à des configurations différentes. Dans le scénario Cluster 17 cité, Édouard Philippe et Bruno Retailleau sont absents, ce qui modifie la concurrence et la répartition possible des intentions de vote. Ces résultats ne sont donc pas directement comparables.

Quel score Bruno Retailleau obtient-il dans le baromètre Ifop-Fiducial ?

Le président des Républicains se situe entre 5 % et 7,5 % selon les configurations rapportées. Le score varie avec la liste de candidats proposée aux personnes interrogées.

Que demande Éric Ciotti à Retailleau et Lisnard ?

Éric Ciotti leur demande de renoncer à leurs candidatures et de se rassembler autour de Marine Le Pen, qu’il présente comme la candidate capable de gagner l’élection présidentielle.

Le déjeuner entre Lisnard et Retailleau annonce-t-il une candidature commune ?

Non. La rencontre prévue à Paris doit permettre aux deux responsables d’échanger, à l’initiative de Robert Ménard. Elle ne constitue pas, à elle seule, un accord de retrait ou de candidature commune.

Un sondage électoral permet-il de prévoir le résultat de 2027 ?

Non. Un sondage mesure les intentions de vote au moment de son terrain et dans une hypothèse donnée. Les campagnes, les débats, les alliances et les événements ultérieurs peuvent modifier les rapports de force.

Source: www.leparisien.fr

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